Quatre commissions —au sens latin de collegium : groupement, voire corporation— ont été initialement définies pour amorcer les travaux de la SFdP. Chacune concerne un aspect spécifique de la prospective, dans la perspective, non de « saucissonner » le domaine comme cela est encore trop souvent fait, mais au contraire de construire des champs de connaissance cohérents et systémiques, disposant de leur propre épistémologie, en phase avec l’évolution de la pensée prospective dans le reste du monde. L’objectif de ces commissions est donc d’approfondir et de faire avancer les champs suivants :
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La prospective territoriale

Elle comprend l’ensemble des aspects qui touchent à l’organisation et au développement d’un territoire, quelle que soit sa taille. La question des politiques publiques y est souvent centrale. Elle se situe au croisement de disciplines telles que l’économie, les SHS, les sciences du territoire (aménagement, planification, etc.) et la gestion de l’intelligence collective (participation, concertation, démarches collaboratives, gestion de projet). Elle dispose du corpus solide des EPT (Exercices de Prospective Territoriale) et distingue « prospective territoriale » et « prospective des territoires ».

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La prospective scientifique et technique

Elle a émergé de la révolution S&T issue de la dernière guerre mondiale, et a cheminé du Technology Assessment original au technology foresight actuel, à travers différentes modalités comme le Visioning du gouvernement japonais, les différents exercices nationaux, le Horizon Scanning Centre du gouvernement britannique. Elle est revenue aujourd’hui sur le devant de la scène avec la révolution numérique et le rôle de l’innovation, mais aussi du fait de perspectives plus radicales comme la brevetabilité du vivant ou le transhumanisme, posant ainsi très fondamentalement la question du rôle des S&T dans le développement des sociétés humaines.

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La prospective des organisations

Elle a longtemps été le terrain de jeu quasi-exclusif de la prospective stratégique, mais il faut aujourd’hui y intégrer de plein droit la prospective managériale (dont l’importante prospective RH). Elle concerne toutes les formes d’organisation (entreprises, établissements publics, associations, ONG). Le terme est emprunté à l’organisational foresight nord-américain —de manière à harmoniser les appellations au sein de la communauté internationale— incluant aussi le capacity building et le positionnement de la prospective au sein des organigrammes.

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La prospective globale

Concernant l’ensemble des problèmes de niveau mondial (macro-scaling) —dont les solutions peuvent être locales (ou non)— elle traite de la manière de les penser en mode prospectif. « Globale » n’est pas synonyme de mondial ici mais la traduction de comprehensive, faisant ainsi référence à la complexité et à l’interdépendance croissantes. Au-delà des thèmes habituellement traités —urbanisation, développement durable, changement climatique, éducation, religions, cultures, etc. — on y retrouve les concepts propres à l’élaboration du regard sur le futur : worldview, blind spot, macrohistory, transformation, evolutionary anthropology, future vision, far futures, paradigm shift….