Le contexte général pour la prospective est très porteur. Le changement climatique, la révolution numérique et les mouvements géopolitiques, pour ne s’en tenir qu’à ces éléments, conduisent à des bouleversements majeurs et à repenser l’avenir. La société française est en pleine transformation, en quête de renouvellement et de réorganisation. La Société française de prospective a un rôle important à jouer dans ce contexte.

 

Principes pour l’action

Face aux opportunités ainsi identifiées, quelques principes peuvent inspirer l’action à venir :

  • Il convient d’avoir un projet unificateur fort pour, à la fois, renforcer l’identité de la SfdP en externe et rassembler les énergies en interne. Un « motto » comme « La prospective au service de la société» peut résumer l’esprit du projet porté par la nouvelle équipe dirigeante. Autrement dit, la SFdP se donne comme mission première de susciter l’intérêt pour la prospective et en diffuser les méthodes au sein de la société française dans sa diversité. Il convient pour ce faire que la SFdP se positionne comme un médiateur qui va à la rencontre de divers publics à l’écoute de leurs attentes, en s’appuyant notamment sur des structures intermédiaires telles que fédérations d’associations, groupements d’entreprises, syndicats, conseils départementaux et régionaux, pôles universitaires, etc.
  • Dans l’esprit de la société savante qu’ambitionnait d’être la SFdP lors de sa création, il convient aussi que la SFdP parvienne à se positionner comme un lieu vers lequel viennent converger les différentes approches ou pratiques de la prospective. Elle doit pouvoir être une instance dans laquelle ces pratiques puissent être mises en communication et délibération. A cette fin, un rapprochement doit être réalisé avec d’importants pôles de prospective, comme le CNAM ou Futuribles, indispensables à cette réflexion.
  • Il faut des « livrables » clairement identifiés avec des échéances précises et respectées, qu’il s’agisse de réunions publiques (colloques, formations ou autres) ou de publications (livres, vidéos, etc.). Sans livrables, les travaux se perdent dans le sable, les idées s’oublient, les énergies s’épuisent…
  • Il faut adapter les efforts aux ressources financières et humaines disponibles, en essayant de les accroître dans la mesure du possible ; ce qui veut dire aussi se fixer des priorités fortes, en nombre limité, et s’y tenir – collectivement.
  • Il faut, enfin, élargir et affermir la base d’adhérents à la SfdP, augmenter leur nombre et leur offrir des services et des opportunités d’engagement qui les motivent ; c’est important pour assurer la solidité de l’association et développer son influence.

 

Évènements

Un premier type de livrables est constitué par les événements que l’on organise. Il y en a déjà de plusieurs types, prévus dans les statuts :

  • Il y a d’abord le Printemps de la prospective : c’est l’évènement phare de la SFdP et chacun des colloques passés a apporté des contributions importantes. Il faudra choisir pour les colloques à venir des thèmes attractifs et structurants. Il faudrait, aussi, mieux et plus rapidement valoriser les apports de l’évènement : publication de synthèses, implications des médias, etc.
  • Il y a ensuite les « journées de la SFdP » : journées d’étude, journées exploratoires… qu’il convient de relancer. Il y a aussi de prévue dans les statuts une réunion bisannuelle qui a pris en 2015 la forme d’un « future camp» organisé l’été à Blois, dont les participants ont gardé le meilleur souvenir pour la créativité et l’animation des esprits.
  • Il y a des réunions d’auditions d’acteurs de la prospective; chacune des commissions – de prospective territoriale, globale, des organisations –, invitent régulièrement des acteurs pour écouter et questionner leurs expériences en vue d’en tirer des leçons de caractère méthodologique et déontologique ; ces démarches, qui restent relativement informelles et privées, pourraient, en certaines occasions, prendre un caractére public, afin d’installer la SFdP dans son rôle de société savante.
  • A cette liste, on pourrait ajouter d’autres types de réunions – qui auraient pour objet d’augmenter la visibilité de la SFdP dans la ligne du projet d’ensemble évoqué plus haut (mettre la prospective au service de la société). On peut envisager des réunions en région (et dans la grande couronne parisienne) pour sensibiliser ou mobiliser les acteurs locaux. On peut également songer à de brèves réunions le matin ou le soir (les « Rendez Vous » de la SFdP) ouvertes au public pour débattre d’un théme ou présenter un ouvrage important.

 

Le menu ci-dessus peut paraître bien copieux au regard de ce que la SFdP a pu réaliser au cours des années passées. Mais si des membres du Conseil d’administration et des adhérents s’emparent avec détermination d’initiatives qui les passionnent, on peut en conduire de plus nombreuses et de plus « structurantes » que par le passé.

Produits

Un premier type de « produits » est constitué par les publications. Le livre sur « La Grande transition » va être publié en octobre 2018. Fruit des « Printemps de la prospective » organisés depuis la création de la SDdP, il va être aujourd’hui sa principale carte de visite. Pour la suite, certains travaux en commission pourraient faire l’objet de publications — par exemple celui de la Commission des organisations sur les métiers et celui de la Commission globale sur l’environnement.

Un second type de produits concerne l’audio-visuel et les médias. Il est indispensable de donner à voir un maximum de vidéos de présentations et contributions faites lors de réunions publiques de la SFdP. A l’instar de ce qui a été fait pour les Printemps de la prospective, avec l’appui de Prospective 2100, et publié sur le site 2100.org. Ceci va avec un aménagement du site internet de la SFdP sur lequel on reviendra un peu plus loin. Un autre type d’action, complémentaire, serait la diffusion d’émissions de web TV sur la prospective en s’associant avec des organes réputés, à forte audience, par exemple avec Xerfi-Canal (spécialisé sur l’économie et le management).

Communications

Elles sont de deux sortes : celles orientées vers l’intérieur pour les membres et les différents groupes de la SFdP, qui opèrent principalement via le Basecamp, et celles tournées vers l’extérieur, via essentiellement le site internet.

Le Basecamp s’est révélé être un instrument très utile aux communications internes. Son usage peut être encore amélioré et augmenté par les membres du CA, et des commissions, ainsi que les adhérents – pour lequel un ou plusieurs groupes de discussion seront ouverts.

Le site internet est bien structuré. Mais il est peu nourri, et peu visité.  Il convient de l’étoffer, de le rénover, et de l’actualiser fréquemment. Il faudra consacrer des ressources significatives à cette fin.

Actions à l’international

Une présence à l’international est importante. Cela passe notamment par l’affiliation à des associations internationales comme la World Future Studies Federation, tout en contribuant aux échanges, newsletters et blogs qui s’y développent.

Il y a des évènements au sein des organisations internationales basées à Paris telles que l’UNESCO, l’Organisation internationale de la francophonie, ou ailleurs, où la SFdP peut apporter des contributions utiles.

Des opportunités pour des interventions sur le terrain peuvent aussi se présenter. Il ne faut pas manquer de les saisir, que ce soit pour des opérations de conseil ou de formation, notamment dans l’espace francophone mondial. Cela est utile au rayonnement de la SfdP.

Enfin, il est important d’assurer une activité de veille sur les rapports de prospective publiés à l’étranger ou par des organisations internationales sur divers sujets.

Vie associative

Il est important de créer des liens avec les adhérents de la SFdP. C’est pourquoi, la vie interne de l’association devrait s’organiser autour de trois axes :

  • Valorisation des travaux ou initiatives de chacun : chaque membre pourra faire connaître ces travaux ou initiatives via le basecamp. Les « Rendez-vous de la SFdP » évoqués plus haut donneront des occasions de les présenter et de les faire débattre ;
  • Alimentation d’un centre de ressources : dans le cadre de l’actualisation du site, un centre de ressources sera créé qui permettra à chacun d’avoir accès à une information étendue (bibliographies, rapports, ouvrages, actes de séminaires, livrables des commissions, vidéos, rapports). Ces ressources seront alimentées par les membres du conseil d’administration mais également sur suggestion des adhérents. Chaque membre pourrait aussi apporter des informations, en quelque sorte être vigie et faire remonter des nouveautés (concepts, méthodes, expérimentations…) à la SFdP ;
  • Contribution à l’indentification des thématiques des évènements de la SFDP: les adhérents seront associés en amont à la recherche de thématiques pour le Printemps de la Prospective et les journées exploratoires.

 

Ressources

Les ressources de la SfDP sont constituées principalement par les cotisations des adhérents : individuels et institutionnels. On procédera rapidement à une relance des adhérents individuels, y compris de ceux qui auraient pu s’éloigner de la SFdP ces dernières années. La cotisation devra rester raisonnable pour être attractive au regard des services offerts, et réduite pour les étudiants.

Pour ce qui est des adhésions institutionnelles, elles se formaliseront d’autant plus facilement que se développeront des partenariats autour d’activités concrêtes, telles que, par exemple, des réunions organisées conjointement. Il conviendra également de solliciter des mécenats auprès d’entreprises, par exemple lors d’évènements à forte visibilité, qu’elles pourraient parrainner.

Une certaine mutualisation des activités et des dépenses entre la SFdP et Prospective 2100 a été envisagée, pour réduire des coûts ou monter en échelle, par exemple l’organisation de réunions en commun ou le partage de coûts fixes, comme les frais de comptabilité. Il faudra examiner ces opportunités plus en détail. Au-delà de la mutualisation de ressources financières ou matérielles, il y aura, aussi et surtout, la connection des réseaux et la fertlisation croisée des idées et des projets. Plus que jamais nécessaires pour faire face aux enjeux de l‘avenir.