L'empathie

Le Printemps de la prospective est un événement particulier de la Société française de prospective (SFdP). Particulier car, plus qu’une conférence, c’est un mouvement, une conversation continue dont l’objet est l’avenir et la manière dont les êtres humains peuvent le construire. Conversation continue car le Printemps de la prospective a lieu tous les ans, le 20 mars. Ainsi, chaque 20 mars, ceux qui manifestent un intérêt pour l’avenir se retrouvent pour en débattre.
Pour le Printemps de la prospective du 20 mars 2014, le thème de l’empathie a été retenu. La notion appelle à une « prospective de l’empathie », pour laquelle il s’agit de dérouler le fil conducteur de la métaméthode en prospective : « Comprendre, anticiper et proposer. » Il s’agit également de favoriser un espace de croisement des regards qui
contribue à faire émerger les visions systémiques nécessaires à la construction de futurs souhaitables et d’articuler réflexion prospective et réflexion stratégique, au plus près des préoccupations des décideurs et des citoyens.

Le premier temps, « Comprendre », a posé les fondamentaux en mettant en évidence les piliers de l’empathie (émotionnelle, cognitive, comportementale). Ce temps a permis de prendre conscience que l’empathie est une relation au monde, à l’homme, à l’animal, à la nature, à l’environnement. L’empathie promeut l’entre-deux, la relation et
l’interrelation, qu’elle soit intergénérationnelle, interethnique, internationale. L’empathie promeut l’entre-deux, la relation et l’interrelation, qu’elle soit intergénérationnelle, interethnique, internationale. L’empathie repose sur un acte de reconnaissance de l’« autre » ne peut ressentir l’empathie qu’on lui témoigne. Les illustrations des intervenants ont mis en évidence l’importance de l’empathie pour le bon fonctionnement des sociétés. De fait, elle affirme l’évidence que leur avenir a besoin des hommes et de la décision humaine et sociale.

Le deuxième temps, « Anticiper », a consisté à identifier les tendances lourdes et les faits porteurs d’avenir de manière à discerner si l’intérêt actuel pour l’empathie est un effet de mode ou un phénomène structurant. Il s’agissait aussi d’apporter des éléments de réponse à l’interrogation : « L’empathie, concept rehaussé au niveau d’un paradigme, peut-elle être l’un des fondements d’une société en profonde mutation ? » Est-ce une rupture avec le développement utilitariste et la rationalité instrumentale d’Homo economicus ? Les mutations, qu’elles soient économiques, techniques, organisationnelles… rendent compte d’une transition en cours favorisant le passage d’une société industrielle
à une société cognitive. Ce n’est pas seulement l’industrie ni l’économie que cette transition transforme, c’est le monde et l’être humain lui-même. Ces changements remettent l’humain en scène. Dans les organisations, l’économie collaborative s’installe avec l’arrivée
du numérique. C’est une transformation en profondeur du rapport à l’autre qui s’esquisse. C’est la montée en puissance d’un nouveau lien « d’association » où l’individu a toute sa place. Ces évolutions ne laissent pas de côté le territoire. À son échelle, un besoin de réappropriation
spatiale, temporelle, politique du lien social s’exprime. De nouvelles initiatives (le mouvement Build in my backyard, le service BlaBlaCar, le crowdfunding…) remettent en scène l’humain et son rapport aux autres. La notion d’empathie serait-elle à l’origine de ces nouvelles démarches ? Symbolisant la quête d’un meilleur « vivre-ensemble », elle oblige, d’une part, à s’imaginer à la place des autres pour mieux comprendre l’espace des choix possibles, d’autre part, à tenir compte de ces possibles pour décider des choix à faire.

Le troisième temps, « Proposer », a permis de dégager des pistes d’action pour utiliser ce levier qu’est l’empathie. Trois entrées ont été retenues : l’empathie comme levier du développement du territoire, l’empathie comme levier d’une coéducation qui repose sur l’interaction des individus et l’empathie comme levier d’échange. Les projets présentés ont mis en évidence que les valeurs, les attitudes telles que la confiance, la coopération, le respect, l’empathie ont du sens non seulement dans les relations interpersonnelles mais également dans les organisations sociales et politiques. Ensemble, elles contribuent au bien commun. Ce troisième temps a favorisé la contribution active des participants dans l’élaboration de projets dans lesquels l’empathie jouerait un rôle particulier dans la construction de la société de demain. Les six ateliers « Open Innovation » mis en place ont fonctionné sur la base d’un processus créatif visant à faciliter le dialogue et le partage des connaissances et des idées afin de réorganiser le présent pour préparer l’avenir.

Ressources internes SFdP (.pdf)

[En construction]

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