Connaître et apprendre demain

Pourquoi le choix de ce thème ?

Une prospective de l’éducation est indissociable des défis auxquels nos enfants et nous-mêmes allons devoir faire face dans les années à venir, comme elle est inséparable des transformations qui sont en cours dans le monde de la connaissance.

Ce que l’on sait déjà du 21ème siècle permet en effet de faire, en préalable à une prospective de l’éducation, les constats suivants :

  • La moitié des enfants nés en 2015, qui entreront dans le système éducatif dans les années à venir, seront encore en vie en 2097, sauf cataclysme
  • Le maintien du niveau de la consommation actuel est incompatible avec la population mondiale anticipée de 11,2 milliards en 2100, du fait de l’épuisement des ressources naturelles et du déclin de la biodiversité
  • Il en résulte logiquement que le contenu des enseignements conçus pour perpétuer, voire amplifier le système technique et le modèle économique actuels, sera radicalement remis en cause dans les décennies à venir
  • Comme le système éducatif, qui s’est structuré en disciplines, domaines, sous-ensembles et corporations résiste au changement, il faut s’attendre d’une part à des tensions, d’autre part à la construction de pratiques parallèles cherchant à procurer aux jeunes les savoir-faire permettant de survivre sur une planète aux ressources diminuées, voire d’entretenir et de développer ce qui reste.

Dans le même temps, peut-on s’interroger sur l’éducation sans se pencher sur la connaissance ?

Ainsi, ce qui a pu être un temps désigné sous le terme générique de la « société de la connaissance », semble être en train de tout bouleverser, et au final de changer la donne éducative. On relève notamment l’émergence et la généralisation de nouveaux modes d’élaboration et de diffusion de la connaissance, de nouveaux usages de la connaissance et une évolution même de la représentation sociale de la connaissance…

Dans le même temps émergent de nouvelles formes d’apprentissage, de transmission, et même d’objets de savoir dans un contexte où nos croyances les mieux ancrées sur ce qu’est la connaissance sont aujourd’hui revisitées en profondeur par les découvertes récentes des neurosciences comme par les avancées constatées dans le domaine de l’intelligence artificielle…

Une prospective de l’éducation est donc particulièrement utile actuellement, et l’on peut s’étonner, pour toutes ces raisons, qu’elle n’ait pas encore fait l’objet récemment d’un travail consistant.

Un tel travail suppose de bien cerner les impacts des évolutions en cours dans le monde de la connaissance sur nos manières d’apprendre, comme il suppose qu’on se libère l’esprit des idées toutes faites et que l’on revienne aux fondamentaux : d’une part, l’origine des comportements humains et de leur évolution, autrement dit l’éthologie humaine, d’autre part, l’évolution des techniques et des modes de vie dans leur relation avec la disponibilité des ressources naturelles.

L’invitation qui est faite aux participants du sixième Printemps de la Prospective, est dans ce cadre de :

  • Mieux comprendre les évolutions en cours dans le monde de la connaissance, en cerner aussi précisément que possible leurs impacts, et comment elles tendent à modifier notre relation au savoir, à l’apprendre, et plus largement la « donne éducative »,
  • Mieux comprendre comment les évolutions sociétales en cours sur l’ensemble du 21ème siècle sont appelées à faire évoluer les savoir et surtout les savoir-faire dans les prochaines décennies
  • Interroger différents phénomènes en gestation ou en émergence qui préfigurent peut-être certes de nouvelles manières d’apprendre, mais aussi une autre société qui émerge,
  • Identifier les principaux défis éducatifs qui se présentent à nous dans les années à venir.