Plus de Futur ? Comment (re) construire ensemble des futurs positifs

22 juin 2022, Forum 104, 104 rue de Vaugirard, 75006 Paris

« Plus de futur » : on peut entendre cette expression comme « il n’y a plus de futur » sous un mode négatif, ou bien comme « il y a plus de futur », sous un mode positif.

Sur le versant négatif, il faut bien reconnaître que nous avons du mal aujourd’hui à penser notre avenir. A cela plusieurs causes.
1.     Tout d’abord on est face à une polarisation des représentations : on est pris entre les visions apocalyptiques de l’effondrement et les visions iréniques qui voient dans la technologie une solution à tous les problèmes, jusqu’à culminer dans le transhumanisme.
2.     Ensuite, on est soumis à une forme de dictature du présent. Vivant sous la pression des urgences, ou jouissant, dans une forme de confort, des facilités de l’heure sans se soucier du long terme.
3.     Il y a un sentiment — fondé – d’un rétrécissement des marges de manœuvre avec une évolution incontrôlée vers le réchauffement climatique, un monde dominé par de grands acteurs comme les GAFAM et une confrontation qui semble inévitable entre la Chine et les États-Unis. La pandémie du Covid se prolongeant, les idées d’un « monde d’après », nées lors de son apparition, se sont évaporées.
4.     Enfin la guerre en Ukraine nous a ramenés à une époque que l’on croyait révolue, laissant l’impression d’une humanité incapable d’apprendre de ses épreuves, et se retrouvant, à nouveau, sous la menace de la mort de masse.
5.     Plus généralement, la crise géopolitique, la crise sanitaire et la crise climatique à venir se conjuguent pour créer un climat d’angoisse qui accapare les esprits.

Mais « dans le péril croît aussi ce qui sauve », comme dit le poète. La multiplication des crises constitue une forte incitation à redoubler d’efforts d’anticipation et de prospective pour réduire l’occurrence de nouvelles épreuves. Les crises et les épreuves obligent aussi à se repositionner sur l’essentiel et à réaménager les systèmes de valeurs. Elles ouvrent enfin l’éventail des possibles en mettant à bas des ordres anciens. Et l’on peut considérer, plus généralement, que les sociétés humaines vivent une formidable accélération de l’histoire, avec les défis écologiques, les révolutions technologiques, les bouleversements géopolitiques et les attentes citoyennes. Aussi, peut-on entendre, sur le versant positif, que notre époque nous offre « plus de futur ».

Telle est la problématique d’ensemble du colloque, qui sera discutée dans sa session introductive.

Qu’il s’agisse de sortir d’une « panne de futur » ou de franchir « une passe vers le futur », il est bon d’explorer les voies par lesquelles nous pouvons retrouver, développer, cultiver en quelque sorte notre goût de l’avenir et de la pratique de la prospective. Et de le faire auprès du grand nombre, auprès de tous les publics concernés. Trois voies seront examinées plus en détail lors du colloque.

Tout d’abord, sous l’impact de la mondialisation de l’économie, des communications, des risques (climatiques, écologiques, sanitaires), … on assiste à la montée en puissance des sociétés civiles et de leurs aspirations, en tous points du globe. Par ailleurs, des changements culturels profonds ont fait émerger au sein des sociétés civiles, de puissants courants socio-culturels autour de l’écologie (pour habiter autrement la Terre), de l’économie (pour lutter contre les inégalités) et de la géopolitique (pour dépasser les conflits entre états nations), porteurs à terme de mouvements politiques à portée locale et mondiale. Quelles sont les forces transformatrices de ces mouvements ? Quel monde sont-ils en train de façonner ? Comment les accompagner le cas échéant ?

Une deuxième voie est la territorialisation de la prospective. De plus en plus d’instances locales (collectivités territoriales, chambres consulaires, conseils de développement…) s’engagent dans la prospective avec de nouvelles dynamiques. Sous quelles formes ? De quelles manières ? Sur quels sujets ? Avec quels acteurs ? Comment la prospective influence-t-elle les politiques publiques ?  Comment contribue-t-elle à l’évolution des représentations des populations ?

Enfin, issues de résistance aux visions dystopiques du futur, comme celles de l’effondrement, ou simplificatrices, comme celles du transhumanisme, se développent des pensées, des organisations, des actions (concours ou autres) autour d’un futur positif et pluraliste. De nouvelles approches et méthodes sont mises en œuvre pour stimuler l’imaginaire de publics variés. Comment sont-elles mises en œuvre ? Quels impacts ont-elles sur les esprits ? Comment aident-elles à construire un monde meilleur ? Comment produire des récits mobilisateurs et optimistes à l’horizon du siècle (2100) ?

Ces trois voies seront, chacune, examinées lors de sessions plénières où seront présentées et discutées des expériences illustratives de ces démarches.

Le colloque s’achèvera par une session conclusive où l’on tirera les leçons des analyses et des débats de la journée, en demandant aux participants : Qu’ont-ils retenu des différentes sessions ? Que faire au sein de la Société Française de Prospective, ou ailleurs, pour donner des suites concrètes à cette journée ?

Projet de programme

9.00 – 9.30 – Café d’accueil

9.30 – 9.45 – Ouverture du colloque

9.45 – 11.15 – Session 1. Notre époque est-elle « en panne de futur » ? Ou, au contraire, « pleine de futurs » ?

11.15 – 12.45– Session 2. Émergences culturelles, émergences de futurs

12.45 – 14.00 – Déjeuner

14.00 – 15.30 Session 3. Territorialiser la prospective, nouvelles dynamiques

15.30 -17.00 Session 4. Stimuler les imaginaires, éclaircir l’avenir

17.00 – 18.00 Conclusion : Les enseignements de la journée

Avec notamment Bertrand Badie (Sciences Po), Antoine Bueno (Sénat), Marie-Hélène Caillol (LEAP), Carine Dartiguepeyrou (Conseil général des Hauts de Seine), Daniel Kaplan (Réseau de la Plurality University), Pierre-Jean Lorens (Région des Hauts de France), Riel Miller (Ex-UNESCO), Didier Raciné (Alters), Olivier Réaud (InPrincipo) et Jean-Éric Aubert, Francine Depras, Henri Jacot, Jacques Theys, de la Société française de prospective.

Chaque session se déroulera autour d’un panel de 3 ou 4 intervenants et donnera lieu à des échanges avec l’auditoire. 

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